Heu...
L'Airbus 380 fait parti de mes souvenirs personnels.
Je n'aime pas ces gros monstres des airs, mais faut bien dire que c'est extraordinaire de le voir voler.
Et puis j'étais là en juin 2000 quand les français et les allemands ont signé le contrat de coopération commerciale pour cet engin.
C'était dans un hôtel à côté de Roissy. Deux délégations d'une centaine de personnes chacune. Ben oui, pour eux c'était un contrat, pour moi aussi : je devais faire un numéro comique pour
distraire tous ces gens tendus.
Alors entre deux discours franco-allemand, ils ont eu droit à Pipo le Clown...
Avant de rentrer sur "scène" (c'était en fait la salle de conférence de l'hôtel), j'ai eu droit à un véritable lavage de cervelle par des types experts en relations publiques, marketing, psys de
toutes sortes etc., ils étaient six ou sept autour de moi pour me donner des conseils.
- Ne vexer personne avec mes blagues.
- Parler en français en anglais et en allemand.
- Pas trop long.
- Pas trop court...
- Au premier rang y'avait untel...
- Attention au deuxième rang y'avait un tel autre.
- Sourire à un autre encore qui était là-bas à gauche
- Nous comptons sur vous pour que tout le monde soit de bonne humeur, ils doivent signer un contrat demain.
Lorsque je suis sortie sur scène, ils transpiraient tous, en épiant le public. Moi, ça allait, je me demandais un peu pourquoi ils étaient aussi nerveux. Je ne savais pas vraiment de quoi il
s'agissait (avant) mais je trouvais qu'ils en faisaient beaucoup trop : après tout l'avenir d'Airbus ne peut pas dépendre d'un numéro de clown... ou bien ?
Le spectacle marcha comme sur des roulettes (ben oui, bien sûr, qu'est-ce que vous croyiez !?). En sortant de scène je fus assaillie par mes experts :
- Alors ? Avez-vous trouvé leurs réactions normales ?
- Ont-ils ri aux bons moments ?
- Tout le monde regardait-il ?
- Et les applaudissements ? Plus ou moins que d'habitude ?
- Hein ?!
Hein hein hein hein ?!
Moi : "Oh lalaaaa, fichez-moi la paix à la fin ! Tout a été normal, si, si, je vous assure... Mais oui... si OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIEUHHHHHHHHHH.........
Après plusieurs oufs de soulagement de leur part, je fus invitée au bar pour aller boire un verre (il était temps) et j'ai rencontré ces fameuses délégations qui m'ont parlé d'un avion qui
concurrencerait BOEING. La signature était pour le lendemain matin, mais je suis repartie à Troyes. Un des "experts" m'a téléphonée par la suite : "Ils ont signé."
Comme quoi... Je vous l'avais bien dit qu'ils avaient rigolé normalement !
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